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Flore intestinale, microbiote Kesako ?

  • Photo du rédacteur: Florence Chabosseau
    Florence Chabosseau
  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

On parle souvent  de « flore intestinale ». Le terme microbiote est plus juste et plus scientifique.

 


Définition


Le microbiote désigne l’ensemble des micro-organismes qui vivent en symbiose* dans notre corps, principalement dans notre intestin mais aussi sur la  peau, dans la bouche, les poumons, le vagin, etc.

* Association biologique, durable et réciproquement profitable entre deux organismes vivants.

La majorité de ces micro-organismes sont des bactéries, mais on trouve aussi des virus, des champignons, des archées et parfois des protozoaires.

 

On distingue le microbiote (ensemble des micro-organismes) du microbiome, qui désigne l’ensemble des génomes de ces micro-organismes.


Chez un être humain, le microbiote est composé d’environ 10¹³ à 10¹⁴ micro-organismes, soit plusieurs dizaines de milliers de milliards.


Estimation actuelle (la plus acceptée)

•    Environ 3,8 × 10¹³ micro-organismes (≈ 38 000 milliards)

•    principalement localisés dans le tube digestif, surtout le côlon


Comparaison avec les cellules humaines

•    Le corps humain contient environ 3 × 10¹³ cellules humaines

•    Le rapport est donc proche de 1:1 entre cellules humaines et micro-organismes(contrairement à l’ancienne idée d’un rapport 10:1, aujourd’hui dépassée)

 

D’un point de vue scientifique, on considère donc l’être humain comme un holobionte, c’est-à-dire un organisme constitué de cellules humaines et de communautés microbiennes intimement associées.



  Origine du microbiote


 


 

Le microbiote (notamment intestinal) commence à se former dès le début de la vie, mais sa mise en place se fait en plusieurs étapes clés :

 

Avant la naissance

Longtemps on a pensé que le fœtus était dans un environnement stérile. Aujourd’hui, certaines études suggèrent une exposition microbienne très précoce, mais ce point reste débattu scientifiquement.

 

À la naissance, étape majeure

C’est le moment clef de la colonisation.

Accouchement par voie basse : le nouveau-né est colonisé par les bactéries du microbiote vaginal et intestinal de la mère.

Césarienne : le microbiote initial ressemble davantage à celui de la peau et de l’environnement hospitalier.

 

Les premiers mois de vie

L’alimentation joue un rôle fondamental.

Le lait maternel apporte des bactéries et des prébiotiques favorisant un microbiote riche et protecteur.

Le lait infantile conduit à une composition différente.

L’environnement, les contacts, et l’usage éventuel d’antibiotiques influencent fortement son développement.

 

 

 

Diversification alimentaire (vers 4–6 mois)

L’introduction des aliments solides augmente la diversité bactérienne et rapproche le microbiote de celui de l’adulte.

 

 

Vers 2–3 ans

Le microbiote devient relativement stable et comparable à celui d’un adulte, même s’il peut encore évoluer.

 

A l’âge adulte

Il reste globalement stable, mais peut être modifié par :

l’alimentation, les maladies, le stress, les médicaments (surtout les antibiotiques).

 

En résumé :

Le microbiote se met en place principalement entre la naissance et les 3 premières années de vie, période déterminante pour la santé future.

 

Le nombre des micro-organismes et la composition (variété) du microbiote varient selon :

•    les conditions de la naissance (voie basse ou césarienne)

•    l’âge

•    l’alimentation

•    l’environnement

•    l’état de santé

•    les prises de traitements antibiotiques

 

 

Rôles du microbiote

 

Digestion et nutrition

Le microbiote aide à digérer certains aliments que notre corps ne sait pas décomposer seul tels les fibres et l’amidon.

Il produit des vitamines importantes notamment la vitamine K et certaines vitamines B.

Il contribue à une meilleure absorption des nutriments.

 

Protection contre les microbes

Il fait barrière aux bactéries pathogènes en occupant l’espace et en les

empêchant de s’installer.

Il produit des substances qui limitent la prolifération de microbes nocifs.

 

Rôle dans l’immunité

Environ 70 % du système immunitaire est lié à l’intestin.

Il aide au maintien de l’intégrité des barrières épithéliales.

Le microbiote « entraîne » le système immunitaire à bien réagir : ni trop peu, ni trop.

Un déséquilibre peut favoriser allergies, inflammations ou maladies auto-immunes.

 

Lien avec le cerveau

Communique avec le cerveau via l’axe intestin-cerveau (ensemble des échanges bioélectrochimiques)

Influence l’humeur, le stress et même certaines fonctions cognitives.

Participe à la production de neurotransmetteurs comme la sérotonine.

 

Métabolisme et poids

Il joue un rôle dans la régulation du métabolisme.

Un microbiote déséquilibré peut être associé à l’obésité, au diabète,ou à certaines maladies digestives.

 

En résumé, le microbiote intestinal est un organe à part entière, indispensable à la digestion, à l’immunité, au bien-être mental et à la santé globale.

 

 

Comment reconnaître une dysbiose ?

 

Lorsque le microbiote intestinal est perturbé, on parle de dysbiose. Cela correspond à un déséquilibre entre les « bons » micro-organismes et ceux qui peuvent devenir nuisibles, ou à une baisse de la diversité microbienne. Cette perturbation peut avoir de nombreuses conséquences sur la santé.

 

Une dysbiose se manifeste rarement par un seul symptôme, mais plutôt par un ensemble de signaux.

 

Signes digestifs, les plus fréquents, sont souvent les premiers indicateurs :

Ballonnements excessifs, gaz

Douleurs ou inconfort abdominal

Diarrhée chronique ou constipation

Alternance diarrhée / constipation

Digestion lente, lourde

Reflux, brûlures d’estomac

Intolérances alimentaires nouvelles (lactose, gluten…)

 

Signes immunitaires

Un microbiote affaibli protège moins bien :

Infections fréquentes (rhumes, angines…)

Cicatrisation lente

Allergies nouvelles ou aggravées

Inflammations chroniques

 

Signes neuro-psychiques (axe intestin–cerveau)

L’intestin communique directement avec le cerveau :

Fatigue persistante

Stress accru, anxiété

Troubles de l’humeur

Difficultés de concentration

Troubles du sommeil

 

Signes cutanés

La peau reflète souvent l’état de l’intestin :

Acné adulte

Eczéma, psoriasis

Rougeurs, peau terne

Démangeaisons chroniques

 

Signes métaboliques

Prise ou perte de poids inexpliquée

Envies de sucre fréquentes

Hypoglycémies

Résistance à la perte de poids

 

En résumé

Lorsque les troubles digestifs s’accompagnent de fatigue, d’une baisse d’immunité, de troubles cutanés ou émotionnels, le microbiote est très probablement déséquilibré.

 



Conclusion

 

Il est donc primordial de conserver, ou de restaurer, d’entretenir, de nourrir notre microbiote afin qu’il soit optimal. C’est ce que nous verrons dans le prochain post de blog !


 

 

Si ce thème vous intéresse,  je vous conseille la lecture du livre ci-dessous, qui a été pour moi une révélation !

Livre écrit par Giulia Enders, illustré par sa soeur Jill. Editions: Actes Sud


 
 
 

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